L'architecture vietnamienne
L'architecture vietnamienne mêle héritage chinois, apports cham, urbanisme colonial français et constructions récentes de verre et de béton. Son caractère tient autant aux ensembles inscrits au patrimoine mondial qu'à des formes ordinaires comme la maison tubulaire ou la maison sur pilotis.
Maisons communales et pagodes
Le dinh, maison communale du village, sert de lieu de réunion et de sanctuaire du génie tutélaire. Sa charpente de bois emboîtée sans clou et ses toits courbes en font le monument le plus caractéristique de la campagne du Nord. Les pagodes bouddhiques suivent souvent un plan hérité de la Chine, avec cour, salle des ancêtres et statues de laque dorée.
Citadelle de Hue
La capitale des Nguyen, bâtie à partir de 1802 sur le modèle de Pékin, associe une enceinte à la Vauban, une cité impériale et une cité pourprée interdite. Fortement endommagé pendant la guerre, l'ensemble a été inscrit au patrimoine mondial en 1993.
Vieille ville de Hoi An
Ancien port international actif du seizième au 10-huitième siècle, Hoi An a conservé un tissu urbain de maisons de bois et de brique, de temples de congrégations chinoises et de ponts couverts. Elle est inscrite au patrimoine mondial depuis 1999.
Tours cham de My Son
Le sanctuaire de My Son, inscrit en 1999, réunit les vestiges de temples hindouistes construits en brique par le royaume du Champa. La technique d'assemblage, sans mortier apparent, continue d'intriguer les restaurateurs.
Maisons tubulaires de Hanoi
La maison tube, étroite en façade et très profonde, s'explique par un impôt calculé autrefois sur la largeur donnant sur la rue. Ce modèle structure encore les 36 rues de la vieille ville de Hanoi et se reproduit dans tout le pays, avec des courettes intérieures pour la lumière.
Architecture coloniale française
Hanoi, Saigon, Hai Phong et Da Lat conservent un patrimoine colonial abondant, du théâtre municipal de Hanoi à la cathédrale Notre-Dame de Saigon. Le style dit indochinois, développé dans les années 1920 par Ernest Hébrard notamment, adaptait le bâti européen au climat par des toits débordants et des galeries.
Habitat sur pilotis des minorités
Dans les montagnes du Nord et sur les hauts plateaux, les maisons des Thai, des Tay ou des Ede reposent sur pilotis, avec un plancher de bambou et un foyer central. Les Ede construisent des maisons longues abritant plusieurs générations, alors que les Hmong bâtissent à même le sol.
Immeubles contemporains de Ho Chi Minh Ville
La croissance des grandes villes a fait sortir de terre des quartiers entiers, dont la Landmark 81, achevée en 2018 et haute de plus de 460 mètres. Une génération d'architectes vietnamiens, au premier rang desquels Vo Trong Nghia, s'est fait connaître par des constructions en bambou et par des façades végétalisées.