La peinture vietnamienne

La peinture vietnamienne moderne est née de la rencontre entre des techniques anciennes, la soie et la laque, et l'enseignement académique apporté par la France dans les années 1920. Elle attire aujourd'hui des collectionneurs asiatiques et occupe une place croissante dans les ventes internationales.

Peinture sur soie

La peinture sur soie utilise des couleurs très diluées, appliquées par couches successives puis lavées, ce qui donne des tons transparents et des contours fondus. Nguyen Phan Chanh en a fait un genre moderne dans les années 1930, avec des scènes de vie rurale aux teintes brunes.

Laque

La laque, ou son mai, provient de la résine d'un arbre du Nord appliquée en dizaines de couches sur un panneau de bois, puis poncée à l'eau pour faire apparaître les motifs. Les artistes y incrustent de la coquille d'oeuf, de la nacre et des feuilles d'or ou d'argent. Longtemps réservée au mobilier et aux objets de culte, elle a été élevée au rang de peinture de chevalet à partir des années 1930.

Estampes de Dong Ho

Le village de Dong Ho, dans la province de Bac Ninh, imprime depuis des siècles des estampes sur papier de mûrier enduit de poudre de coquillage, avec des pigments naturels et une planche gravée par couleur. Ces images de bonne fortune, achetées pour le Têt, représentent des cochons, des poules ou des scènes satiriques. L'UNESCO a inscrit ce savoir-faire en 2025 sur la liste du patrimoine nécessitant une sauvegarde urgente.

École des beaux-arts de l'Indochine

Fondée à Hanoi en 1924 par le peintre français Victor Tardieu avec l'artiste vietnamien Nam Son, cette école a formé la première génération d'artistes modernes du pays. Elle enseignait le dessin d'après nature tout en encourageant la soie et la laque. Le Pho, Mai Trung Thu et Vu Cao Dam, installés ensuite en France, en sont issus.

Nguyen Gia Tri et Bui Xuan Phai

Nguyen Gia Tri, mort en 1993, reste le maître de la laque, avec de grands panneaux de jeunes femmes dans des jardins, traités en or et en rouge profond. Bui Xuan Phai, disparu en 1988, a peint sans relâche les ruelles de la vieille ville de Hanoi.

Réalisme socialiste

Après 1954 au Nord, la peinture a été mise au service de la propagande, avec des affiches, des scènes de production et des portraits de soldats. Les affiches originales sont devenues des objets de collection.

Marché de l'art et galeries

Hanoi et Ho Chi Minh Ville comptent de nombreuses galeries, notamment autour du quartier de Trang Tien. Le marché souffre d'un problème persistant de copies et de faux, qui touche en particulier les maîtres de l'école coloniale.